Faits-divers


Violences scolaires



Par
Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret

L'agression de la jeune Lehna a provoqué colère et indignation bien au-delà de Noisy-le-Sec. Nous avons rencontré Sabrina Hemani, soeur aînée de la victime, qui nous livre son témoignage sur cette agression barbare qui aurait pu se terminer bien plus dramatiquement.

violence scolaire (image d'illustration2)

Un témoignage poignant

Au cours de cet entretien chez la soeur de la jeune victime en cette soirée d'Halloween, j'ai pu rencontrer Lehna. Et les nouvelles sont, fort heureusement, rassurantes : Bien que maquillée pour cette soirée traditionnellement festive pour les jeunes, Lehna à retrouvé sa jolie frimousse. La plupart des oedèmes se sont estompés. A peine remarque-t-on un hématome persistant à l'oeil. Pour autant, les blessures les plus graves ne sont sans doute pas visibles : le traumatisme psychologique risque de perdurer de longs mois. A 11 ans, une agression aussi sauvage laisse forcément des traces.

Au cours de l'entretien préparatoire à l'interview, Sabrina Hémani et son mari m'ont fait part de leur colère, parfois de leur indignation, et surtout de leurs interrogations. La jeune femme a beau s'exprimer avec une voix douce, elle ne peut cacher son désarroi derrière ses yeux humides. Au travers de leurs propos, le malaise est palpable : Comment des faits aussi graves ont-ils pu être perpétrés dans l'enceinte-même d'un établissement sans qu'aucun adulte n'intervienne rapidement ? Pourquoi les secours et la famille n'ont-ils été prévenus que très tardivement alors-même que les traces visibles de coups témoignaient d'une violence indéniable ? Où en est l'enquête et l'identification des auteurs présumés ?

Ce témoignage de Sabrina Hemani vous est livré dans sa version intégrale.


Lynchage dans un collège à Noisy-le-Sec Les... par JENBPRODUCTIONS2007


Du coté des institutions

Si les faits d'agression incombent aux auteurs, ce lynchage pose également d'autres éventuelles responsabilités, institutionnelles notamment. Car cet incident grave s'est déroulé sur le temps scolaire de la victime et dans l'enceinte-même de l'établissement, pendant la récréation de la mi-matinée. Il est bon de rappeler que deux personnes morales co-animent la gestion des collèges : L'Éducation nationale pour ce qui relève de l'encadrement éducatif et le Conseil général, propriétaire de l'établissement. La Ville n'a donc aucune prérogative particulière, si ce n'est la surveillance générale de l'espace public aux abords du collège.

Nous nous sommes donc tournés vers l'inspection académique, hiérarchie immédiate de la direction de l'établissement, qui n'a pas souhaité répondre à nos questions. 

Également contacté par téléphone hier, le service des relations médias du Conseil général nous a adressé le communiqué suivant : « Je reviens vers vous suite à votre sollicitation de ce matin afin de vous indiquer que si nous sortons ici du champ de compétence du Conseil général, en tant que partenaire de l'Education nationale, le Département a pris contact avec la principale du collège et l'équipe de direction, dans le cadre de sa mission de prévention des violences, et  permis l'intervention d'une association au sein du collège, aux côtés de l''équipe éducative, pour une mission de suivi et d'accompagnement ». 

Nous nous sommes aussi rapprochés du conseiller général Gilles Garnier (PC), qui semble visiblement touché par cette agression : « Je suis bien évidemment profondément choqué par la violence que cette enfant a subi de la part d'autres enfants. Ce qui s'est passé est inexcusable.  Ce collège, qui est le plus important de notre ville et compte 950 élèves sur deux sites, ne connait pas plus de violences que bien d autres.  En revanche sa spécificité sur deux sites necessite plus de moyens humains. On ne surveille pas un collège sur un site comme un college divisé. Oui, plus de moyens pédagogiques et humains, des surveillants en nombre pour les cours comme pour les trajets entre le site Gambetta et Dombasle. Mais je souhaite aussi une présence dissuasive de la police au moment de la sortie du midi et du soir. Je m'adresserai au maire dans ce sens. Comme je souhaite que l'on ne fasse pas de cette agression dramatique la seule carte de visite de l'établissement. J'aimerai que la presse nationale et locale vienne voir les éleves de Prévert quand ils participent à des projets ou à des initiatives. Mais je le sais : les trains qui arrivent a l'heure n'interressent personne surtout quand il s'agit de la Seine Saint Denis ». Gilles Garnier s'est engagé à nous accorder un entretien.

De son coté, le Cabinet de Monsieur le maire nous a adressé le communiqué suivant ce matin : « C'est un événement bien malheureux qui s'est déroulé le 16 octobre dernier, pour cette jeune fille de 11 ans et sa famille. J'ai été mis au courant seulement le week end par mail par la maman de la jeune fille, et je l'ai eue au telephone dés le lundi. J'ai ensuite eu les responsables du collège (géré par l'Inspection Académique et le Conseil général) et la Police nationale, afin que des éclaircissements puissent être apportées. L'enquête est en cours et déterminera les responsabilités. Le conseil d'administration du collège se déroule ce mardi soir, auquel je participerai. Je suis bien évidemment attentif, même si cela relève avant tout de l'Inspection académique, du Conseil général et de la Police Nationale ». Il est vrai que compte tenue du lieu de déroulement des faits, la municipalité dispose de peu de prérogatives dans cette situation puisque le site n'est pas une propriété communale et les personnels concernés ne relèvent pas de la collectivité de Noisy-le-Sec. Tout au plus le maire ne peut-il que se proposer comme facilitateur de contacts entre la famille et les institutions. Ce qui est ressenti comme un manque de compassion n'est-il pas, peut-être, plus un excès de discrétion de l'édile à propos d'un évènement dans lequel la ville n'est en rien impliquée.

La jeune Lehna est retournée en cours hier. Elle y était particulièrement angoissée au risque de croiser d'éventuels auteurs, puisque selon nos informations, aucun auteur présumé n'a été sanctionné sur plan disciplinaire. Lehna est très bien entourée par sa famille et  fait l'objet d'une assistance psychologique pour traverser cette difficile période. 

Ce fait-divers doit surtout servir de base à de nouvelles réflexions sur la violence scolaire, phénomène visiblement récurrent et impliquant des auteurs de plus en plus jeunes et violents. Cette agression témoigne pour le moins d'une insuffisance d'encadrement. Et il est à espérer que, tant l'Éducation nationale que le Conseil général, mettent tout en oeuvre pour que de tels faits graves ne se reproduisent, dans cet établissement, comme dans beaucoup d'autres.

Il montre aussi les responsabilités parentales, trop souvent atténuées, dans les comportements agressifs de ces jeunes ados.  



Auteur : Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret  
© 05 novembre 2013 - JENB Productions - Noisy-le-Sec  

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